Venez, entrez dans la danse des rimes ! Poèmes mélancoliques ou joyeux, sombres ou idylliques, il y en a pour tous les goûts. En espérant que vous prendrez plaisir à les découvrir et que certains vous plairont, je vous souhaite une bonne lecture.
Vous pouvez également, si vous le souhaitez, découvrir mes romans et nouvelles sur mon autre blog : La plume d'outre-rêve.

dimanche 26 décembre 2010

mercredi 22 décembre 2010

Pollution


Sur le ciel de suie
S'élève une usine
Qui, adamantine,
Ses miasmes vomit

Sous le ciel gris de fumée
Domine une noire industrie
Des éclairs orangés strient
Les suffoquantes nuées

Sous le ciel étouffé par la cendre
S'étale une usine de béton
Les cheminées crachent sans raison
Un panache qui cherche à s'étendre

Sur le ciel de suie
Le ciel gris de fumée
Le ciel étouffé par la cendre
Plus de soleil plus d'air frais
Une éternelle nuit

©eryndel

dimanche 19 décembre 2010

Ambiance neigeuse


Troncs noirs sur ciel blanc, rideau de neige incessamment mouvant... De douces plumes au froid contact s'abattent sur le bois. Des empreintes partout, autour du lac gelé, démentent le silence qui règne alentour, parmi les feuilles mortes, vestiges de l'automne passé.

Troncs noirs sur ciel blanc, rideau de neige incessamment mouvant... Les ronces dénudées dévoilent des passages que l'été gardait jalousement secrets. Au loin se devine une masse étrange, couverte de lichens et de neige. Ce n'est pas un rocher, ni un arbre tombé. A travers les branchages, l'étrange objet grossit.

Troncs noirs sur ciel blanc, rideau de neige incessamment mouvant... De douces plumes au froid contact s'abattent sur l'épave. Couverte de lichen et de neige immaculée, une voiture ancienne, aux portières arrachées, à la carcasse rouillée, repose en son tombeau de verdure et de neige. Ses entrailles éventrées dévoilent son moteur, ses garde-boue déformés ne protègent plus nulle roue.

Troncs noirs sur ciel blanc, rideau de neige incessamment mouvant...

©eryndel

vendredi 17 décembre 2010

Vacances de Noël



Vague de soulagement bienheureux
Apaisement longuement désiré
Charment notre âme longtemps épuisée
A la venue des vacances joyeuses ;
Nous laissons tous nos soucis de côté
Courons au repos animés par le feu
Envoûtant de la fête charmeuse
Si longtemps désirée, si espérée...

D'aise alors nous soupirons
Et les fêtes préparons

Noël approche, apprêtons la maison
Ors et argents dans le sapin se mêlent
Et les étoiles en nos yeux étincellent
Lors que nous vient des flocons la chanson.

©eryndel

jeudi 16 décembre 2010

L'inspiration s'en vient

L'inspiration s'en vient à petits pas
petits pas
pas

L'inspiration fait doucement son chemin
son chemin
mains

Elle guide la main
Des poètes qui l'écoutent
Le soir ou le matin
Jamais par la même route

L'inspiration se glisse en cachant sa lumière
sa lumière
erre

L'inspiration s'en vient à petit pas
puis s'en va
va.

©eryndel

mercredi 15 décembre 2010

Patinoire


Patinent patinent
Tourbillonnent
Les enfants,
Les couples d'amoureux,
Se fixant dans les yeux
En riant, souriant,
Les voix ravies résonnent
Les patins tracent des lignes fines

Tournez, patinez,
Sur la glace blanche
Tournez, patinez,
Sur le lac gelé.

Patinent patinent
Et s'étonnent
Les jeunes gens,
Le regard malicieux,
Et le sourire heureux,
En criant s'amusant
Dans le froid qui frissonne
Les patins tracent des lignes fines

Tournez, patinez,
Sur la glace blanche
Tournez, patinez,
Sur le lac gelé.

Patinent patinent
Et s'envolent
Les enfants,
Chantonnant l'air joyeux,
Fiers de leurs patins bleus,
En tournoyant gaiement,
Ils dessinent au sol
De leur patins neufs des lignes fines.

Tournez, patinez,
Sur la glace blanche
Tournez, patinez,
Sur le lac gelé.

©eryndel

dimanche 12 décembre 2010

Orient


Aussi souple que le serpent,
Ondulante vague de chair,
Son parfum d'Orient se répand
Une flamme dans son oeil vert
Tourbillons de voiles brillants...

Une flamme dans ses yeux verts
Fait battre les coeurs éblouis
Tandis que ses bras alanguis
Se meuvent en caressant l'air
Tourbillons de voiles brillants....

Se meuvent en caressant l'air
Les jupes de gaze et de soie
Tandis que les hanches altières
Ondulant, font naître l'émoi
Tourbillons de voiles brillants....

Ondulant, font naître l'émoi
Les hanches et le ventre d'or
Tandis que les pieds blancs et froids
Martèlent le sol bicolore
Tourbillons de voiles brillants....

Aussi souple que le serpent,
Ondulante vague de chair,
Son parfum d'Orient se répand
Une flamme dans son oeil vert
Tourbillons de voiles brillants...

©eryndel

vendredi 10 décembre 2010

Aurore boréale


"Quel est ce voile satiné
S'ouvrant sur le ciel coloré
Telles les ailes irisées
D'une fée ?"

Ainsi s'interrogeait
La fillette Inuit
Sortie à minuit
De son igloo glacé

Cette gaze irisée
Offrait ses couleurs
A la neige en fleur
Grâce à ses doux reflets

"C'est la reine de la Nuit
Qui sous nos cieux se marie
Avec le roi de l'Hiver gris
Les noces se font à minuit."

©eryndel

jeudi 9 décembre 2010

mercredi 8 décembre 2010

La Petite Danseuse de Degas

La petite danseuse de quatorze ans est une statue née du talent d'Edgar Degas. Originellement faite en cire, elle choqua le public quand elle fut exposée au musée d'Orsay pour la première fois : on lui trouvait un air de vice, et son visage a été comparé à celui d'un singe.
Cette expression reflète pourtant bien le monde dans lequel vit le petit rat de l'opéra qui lui a servi de modèle, Marie von Goethem : issue d'une famille belge, elle est engagée par l'Opéra à l'âge de quatorze ans et pose pour Degas afin d'apporter de quoi subsister à sa mère et ses sœurs, toutes deux également à l'Opéra. Malheureusement, elle fréquentait avec son aînée les cabarets de Paris et autres lieux interlopes. En 1983, elle est arrêté au Chat Noir pour le vol d'un portefeuille, ce qui entraîne son renvoi de l'Opéra et celui de sa sœur aînée. Alors qu'elle mènera une vie de débauche suite à sa libération, gagnant sa vie par des moyens douteux, la cadette, restée à l'Opéra, finira par y devenir professeur de danse.
C'est l'histoire de Marie et le ressenti du public du XIXème face à sa statue que j'essaie de traduire dans ce poème...


La petite danseuse était si gracieuse,
Nonchalamment affaissée dans son bustier
En quatrième position, bras croisés
Fière de son tutu de gaze vaporeuse

Une étincelle de mépris
Luit entre ses paupières closes
Le nez levé, les joues bien roses,
Froidement, la fière se rit
Des visiteurs qui la contemplent,
Des badauds restant bouche bée
Devant sa vitrine, choqués
- Elle est si réelle en son temple !
La petite danseuse était si gracieuse,
Nonchalamment affaissée dans son bustier
En quatrième position, bras croisés
Fière de son tutu de gaze vaporeuse
Une profonde rêverie
Passe sur son charmant visage
Levé bien haut vers les nuages,
Une sombre mélancolie...
Sera-t-elle un jour coryphée,
Etoile même, et glorieuse ?
Non car elle finira voleuse,
Par la misère débauchée

La petite danseuse était si gracieuse,
Nonchalamment affaissée dans son bustier
En quatrième position, bras croisés
Fière de son tutu de gaze vaporeuse

Sa statue de cire si belle
Puis celle de bronze, immortelle
Demeurent danseuse pour elle
Qui a trop tôt perdu ses ailes...

©eryndel

lundi 6 décembre 2010

Fugue

 En l'honneur de Plume, parti le dimanche 5 décembre 2010 en fin d'après-midi. 
(Plume est revenu deux jours plus tard, dans la nuit.)


Plume était un chat blanc, l'œil fier, majestueux,
Mais farouche, peureux, et pourtant trop curieux :
Fuyant la société, hors celle de sa maîtresse, 
Assoiffé de grand air, à ma grande détresse.
Un jour que faisais truffes à volonté,
J'avais sans y penser entrouvert la croisée.
Plume se faufila, discret comme un voleur ;
Il huma l'air d'hiver, bondit comme un danseur
Sur la véranda grise couverte de neige.
Que n'ai-je alors surpris son odieux manège !
Voilà l'ingrat parti, dans le froid, dans la nuit...

Le reverrai-je un jour, mon cher, cruel ami ?
Le reverrai-je un jour, étendu au soleil,
S'étirer en rêvant dans un charmant sommeil ?

©eryndel

Une vie (poème d'Inari)

Voici un autre poème de mon chéri, dans un registre et un style différents.

Corps sous les cieux,
Né de l'amour de deux,
Tu t'élèves paisiblement,
Sous le regard de parents aimants.

Corps sous un toit,
Tes proches en constant émoi,
Tout le monde autour t'admire,
Et pourtant, tu restes à ne rien dire.

Corps sous les arbres,
Empreint de pensées macabres,
Solitaire, mélancolique,
Préparé à une fin tragique.

Corps sous la glace,
Ton regard s'efface,
Cette vie que tu as menée,
L'avais-tu bien décidée ?

Corps sous la terre,
Son d'une prière,
Un court souvenir,
Bientôt l'oubli, puis les rires.

dimanche 5 décembre 2010

Lac d'hiver (poème d'Inari)

Ce poème a été écrit par mon chéri (cliquez ici pour voir son blog) en décembre 2006, janvier ou février 2007... On voit ici qu'il n'a pas seulement la fibre critique et philosophique qu'il montre dans son blog, mais aussi une âme de poète.



Aujourd’hui face au lac d’hiver,
Sous un arbre aux airs austères,
Tes derniers rêves qui s’effacent,
Le silence emplit ton espace.

Aujourd’hui face au lac d’hiver,
Tu verses des larmes sincères.
Sans un mot, hélas,
Tes mouvements ralentissent, se lassent.

Aujourd’hui face au lac d’hiver,
Comme un enfant mort pour sa mère,
Ton âme s’éteint quoi que tu fasses.
Glaciale la tourmente qui t’angoisse.

Aujourd’hui face au lac d’hiver,
Tu vis la fin de ton calvaire.
La flamme en toi qui trépasse,
L’eau qui s’immobilise sous la glace.

Aujourd’hui face au lac d’hiver,
Tu formules ta dernière prière,
Dieu, au Paradis, ai-je une place ?
Ou bien à l’Enfer dois-je faire face ?

Aujourd’hui face au lac d’hiver,
La vie s’envole de ta chair,
Transie, la mort t’enlace.
Gelée, immobile ta surface.

vendredi 3 décembre 2010

Ambiance folklorique


Dans la plaine irlandaise enneigée résonne une joyeuse mélodie qui donne envie de danser malgré le ciel froid et gris. Autour d'un feu, des rires et des cris de joie. Le bord des jupes frôle les flammes en tournant, les souliers mignons frappent en rythme le parquet, dans la maison en fête au bord de la rivière glacée.

Autour du feu, des vivats et des chants. Aux sons chaleureux de la musique entraînante, le claquement sec des talons qui frappent le parquet résonne - tacatac tactac tacatac tactac - et les yeux brillent de joie, éclairant les joues rougies des danseurs essouflés mais souriants, enchantés et ravis.

Le petit peuple se rassemble sur les bords du lac gelé, attiré par les rires, la musique et les danses. Eux aussi se mettent à tournoyer, leur minuscules talons frappant en rythme la neige blanche éclairée par la lueur mouvante du feu dans la maison en fête. Danse endiablée des Kobolds et des Hommes inconscients de leur présence, aveugles aux figures invisibles des fées, sourds aux chants joyeux des ménétriers enchantés. Le bord des jupes frôle les flammes en tournant, les petits pieds des Invisibles effleurent la neige en dansant.

Quand un homme jette un regard par la fenêtre, les minuscules fées ailées lui font signe en voletant autour de la demeure où l'on fête les noces ; mais lui ne voit pas les minuscules bras s'agiter devant lui. Il s'écrie juste, d'une voix rendue insouciante par l'ivresse : "Hé, il neige !"


©eryndel

jeudi 2 décembre 2010

Moustique


Dans la claire onde limpide
L'ondine blanche nageait
Son regard d'azur liquide
Du ciel clair se languissait

L'ondine blanche nageait
Vers le soleil ondoyant
Du ciel clair se languissait
La belle au corset d'argent

Vers le soleil ondoyant
S'élevait la pâle ondine
La belle au corset d'argent
Sur les vagues smaragdines

S'élevait la pâle ondine
Ayant quitté les flots bleus
Sur les vagues smaragdines
Retentit son rire heureux

Ayant quitté les flots bleus
Elle ouvre de frêles ailes
Retentit son rire heureux
L'odeur du sang frais l'appelle.

©eryndel

mercredi 1 décembre 2010

La siamoise

En hommage à mon deuxième chat, Farah.


Dans son masque de velours
Deux yeux de ciel d'été
Me fixent avec amour
En ronronnant d'un son léger.

Majestueuse siamoise,
A la démarche sinueuse,
Que cachent ton regard turquoise,
Et tes vocalises amoureuses ?

Quand je plonge dans ton regard
En caressant ton dos soyeux,
Le temps se tait sans crier gare
Et le monde entier devient bleu.

©eryndel

Vague (Haïku)



Ondoyant fracas des vagues,
Bleu parfum salé ;
Roule la mer écumeuse.

©eryndel

lundi 29 novembre 2010

dimanche 28 novembre 2010

Nuit neigeuse


La neige blanche illumine la nuit ;
Ses reflets d'azur étouffent les sons,
Sous le plafond laiteux dissimulant la lune
Et son écrin d'ébène englouti à la brune ;
Blanche est la neige et noirs sont les buissons,
Sous le ciel spectral où sonne minuit.

©eryndel

samedi 27 novembre 2010

Ambiance volcanique


Bouillonnements orangés, grommellements, grondements... Le volcan s'éveille de son long sommeil, torturé par le feu de ses entrailles. Alentour, c'est le silence ; tout se tait, sauf les plaintes rageuses de la montagne tronquée qui se répandent en échos graves et sonores. Un spasme secoue la terre. Le volcan souffre... Et les oiseaux, criant à leur tour, jaillissent en nuages de la forêt pour s'éloigner à tire-d'aile, obscurcissant le soleil.

Une nouvelle plainte s'échappe de la bouche de la montagne, et un filet de fumée épaisse en sort ; une fumée grise aux reflets noirs, consistante, chargée de cendres mortelles... Le volcan s'éveille de son long sommeil, torturé par le feu de ses entrailles. Alentour, c'est la pénombre ; tout est recouvert d'ombre, tandis que les cendres dévorent le ciel. Grondements, spasmes... La terre tremble par avance, la nature frémit tout entière. Et les hommes, là-bas dans leur ville côtière, s'inquiètent, suspendent leurs gestes, tendent l'oreille, pointent du doigt le ciel cendreux qui tombe sur eux...

Alors le cratère fissuré laisse échapper la lave noire et orange, mélange de néant et de feux infernaux, en une rivière poisseuse. Tout brûle, tout meurt sur le passage du sang ardent de la terre. Le volcan s'est éveillé de son long sommeil, torturé par le feu de ses entrailles. Lorsque la rivière de lumière sera devenu sentier de pierre, quand les cendres seront déchirées par le bleu du ciel, autour du volcan, la nature ne sera plus que chaos torturé. Et les hommes, là-bas dans leur ville côtière, ne seront plus que statues.

©eryndel

lundi 22 novembre 2010

La Magie du violon



Au son du violon les yeux se closent,
Et l'âme s'envole au loin ;
Du violon verni les notes éclosent,
Apaisant les coeurs chagrins.

Une explosion de couleur
Envahit soudain le coeur,
La musique allume un feu
Aux rayons radieux !

Au son du violon les yeux se closent,
Et l'âme s'envole au loin ;
Du violon verni les notes éclosent,
Apaisant les coeurs chagrins.

L'espace alors se dévoile
Splendeur parsemée d'étoiles ;
La musique y déploie ses ailes
– Féerique, irréelle !

Les sons du violon s'éloignent, se taisent,
Et l'âme revient sur terre ;
Du violon les envolées s'apaisent :
Il a donné sa lumière.

©eryndel

dimanche 21 novembre 2010

Nuit automnale


Nimbé du halo de la brume
Un étang reflète la lune ;
Il pleut des feuilles d'ambre brunes
Tristes et pleines d'amertume

Alors soupire le silence
Un frémissement se répand
Tout autour des saules en transe
Où pleurent les feuilles safran
Marbrées de mort par la saison,
Noyées de rayons et de larmes
A l'agonie des floraisons
La lune de cet abandon s'alarme
Et les transforment en astres d'or.

©eryndel

Ambiance nocture


Le satin noir du ciel vertigineux résonne du chant infini des étoiles ; chant inhumain, divin, torturé, qui sonne comme un appel dans la forêt inextricable des banlieues. Silence... Seul s'entend l'écho de ce chant...

Et tout à coup, la réponse vient, rauque, sonore, brutale : la chevauchée fantastique commence.

Le réseau obscur des rues étroites et sales résonne des hurlements vrombissants des motos ; cri de guerre, hallali des chasseurs de vent en quête de sensation forte ; grondements,grognements, rugissements se mêlent en une symphonie discordante qui évoque le vacarme des chasses d'autrefois.

La chevauchée fantastique traverse les rues endormies.

Sur leurs montures de fer, les cavaliers de la nuit s'enivrent des émanations de pétrole et du vent de la course ; ils chassent les chimères, poursuivent le cerf mythique de la vitesse pure, qui leur apparaît, sabots en feu, naseaux fumants, si proche et si lointain en même temps. A travers leurs corps rendus flous par la vitesse, on croit distinguer les murs délabrés des immeubles du quartier.

Mais soudain, la lune glisse un regard paresseux sur la banlieue ; la chevauchée fantastique s'évanouit dans la brume.

Le labyrinthe négligé de la cité en ruines retourne lentement au silence, et le gémissement du vent remplace les hurlements des moteurs emballés ; plainte solitaire de l'abandon et du retour au néant ; sifflements aigus, sanglots graves des immeubles en ruines où dansent les éléments.

La chevauchée fantastique n'est plus qu'un lointain souvenir.


©eryndel

samedi 20 novembre 2010

Furet


Furetant sans cesse partout
Une lueur folle dans le regard
Rôde le furet, ce remuant voyou
Explorant étagères et placards
Toujours riant et bondissant comme un fou.

©eryndel

mercredi 17 novembre 2010

L'allumette


Une flamme chancelle dans l'obscurité,
Une flamme chancelle
Une main s'en approche pour se réchauffer,
Une main s'en approche

Entre les doigts diaphanes
Frémit cette lueur dorée
Et son éclat se fane
Sous l'œil de l'enfant effrayée

Une flamme chancelle dans l'obscurité,
Une flamme chancelle
Une main s'en approche pour la protéger
Une main s'en approche

La fillette aux allumettes
Nu-pieds dans la neige froide
Marche et marche à l'aveuglette
Et sent tous ses membres roides

Une flamme agonise dans l'obscurité,
Une flamme agonise
Une main s'en approche pour la protéger
Une main s'en approche

Entre les pâles doigts
La lueur d'or se meurt
Sous le souffle si froid
du vent d'hiver sans cœur

Une flamme est morte dans l'obscurité,
Une flamme est morte
La main n'a pas su la protéger
La main s'est figée...

©eryndel

Scène de tendresse


L'enfant lisait un roman,
Assise bien sagement.
Le petit chat passa,
Un ronron dans la voix,
Ronron d'attente, ronron de bonheur.

L'enfant ne le voyait pas,
Elle lisait avec foi.
Le petit chat s'assit,
La fixant de son oeil gris.
Ronron d'attente, ronron de bonheur.

L'enfant ne l'écoutait guère,
Plongée dans l'imaginaire...
Le petit chat s'impatiente,
Miaule de sa voix charmante,
Ronron d'attente, ronron de bonheur.

Alors enfin l'enfant pose son livre,
Ronron d'attente, ronron de joie,
Le chaton tigré de caresses s'enivre,
Ronron d'ivresse, ronron de joie,
Frotte sa tête, blotti dans les bras,
Echange de regards - le bonheur est là.

©eryndel

mardi 16 novembre 2010

Ambiance d'agonie

Inspiration. Expiration.

Un souffle profond, lent, lourd résonne, magnifié par l'écho d'une poitrine fatiguée.

Inspiration. Expiration.

Dans l'obscurité épaisse comme la terre qui pèse sur la poitrine des morts, un son aigu, bref, tombe goutte à goutte dans l'oreille de l'homme : "bip ! bip ! bip bip !"

Inspiration. Expiration.

L'entend-il, ce bruit lancinant qui perce les paupières closes d'éclairs rouges ?

Inspi...ration. Expiration.

Le souffle hésite tout à coup, se suspend, reprend.

Ins...piration. Expiration.

Le souffle laborieux tente de déchirer le linceul étouffant de l'obscurité, par à-coups brusques, nerveux.

Ins...pi...ration.

Et tout à coup, l'étouffant linceul cède, et le souffle jaillit comme un fleuve enragé qui vient rompre un barrage.

Inspiration, expiration, inspiration, expiration.

La sonnerie sèche et rouge accélère, emportée par le courant. "bipbipbipbipbipbip"

Inspiration, expiration, inspiration, expiration, inspiration, expiration, inspiration...

Le souffle est trop rapide, la pluie sonore s'emballe, la poitrine se crispe, se soulève, se bloque... "Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip !"



Expiration.



Silence.

©eryndel

lundi 15 novembre 2010

Balançoire



Balance-toi
Balance-moi
Balançons-nous

Balançoire qui nous emmène
Au ciel rosé de nos amours
Balançoire qui nous emmène
Vers nos rêves au jour le jour

Le sol s'éloigne le sol bascule
Le sol approche le sol recule
Ciel en bas, terre en haut,
Et puis l'envol, telle un oiseau

La blonde enfant déploie ses ailes
Vers les nuages de rosée
La blonde enfant déploie ses ailes
Et sa pensée s'est envolée

Balance-toi
Balance-moi
Balançons-nous

©eryndel

dimanche 14 novembre 2010

Danse


D'enivrants tourbillons de tulle et de soie
Autour de chevilles lacées de satin
Nous envoûtent tous et nous laissent sans voix
Sous le charme gracieux d'un regard mutin
Et des gestes légers de cette fée qui danse.

©eryndel

samedi 13 novembre 2010

Le Fantôme de l'Opéra


Dans l'ombre une voix éclaire
De son aura cristalline
De sa lueur opaline
Les coeurs émus du parterre.

Les rondes notes roulent
Les notes perlées coulent
La voix d'argent s'enroule
Autour des âmes.

Dans l'ombre une fée éclaire
De sa musique opaline
De sa chanson cristalline
Un coeur sombre et sans lumière.

Les rondes notes roulent
Les notes perlées coulent
La voix d'argent s'enroule
Autour des âmes.

Dans l'ombre une âme s'exalte
Pour les claires vocalises
De cette voix tant exquise
Qui fend son coeur de basalte

Les rondes larmes roulent
La soif de sang s'écoule
L'amour passion s'enroule
Autour de l'âme.

Dans l'ombre une âme s'exalte
En son coeur se meurt la bise
La frêle fée l'a conquise
Qui fend son coeur de basalte

Les rondes larmes roulent
La soif de sang s'écoule
L'amour passion s'enroule
Autour de l'âme.

Mais sans espoir il soupire
Ses actes effraient la fée
Dont l'âme à la voix dorée
Pour un autre homme respire

Le cri de désespoir roule
La jalousie noire coule
En son coeur elle s'enroule
Brise son âme.

Pour la vengeance soupire
A mort blessé par la fée
Dont chante la voix dorée
Par laquelle seule il respire

Alors tombe le lustre.

©eryndel

jeudi 11 novembre 2010

Ambiance désertique


Le désert défile vivement sous l'être ailé. Il n'y a que du sable, à perte de vue. Du sable et de la roche... Tout à coup, le sol disparaît, et tandis que le dragon s'engouffre dans le défilé qui blalafre le désert - gouffre infini qui plonge vers le centre de la terre -, le battement sourd des ses ailes formidables résonne. Filent les parois floues et ridées du ravin d'ocre poussiéreux ; filent les rochers hâlés par le soleil : le coeur du désert semble y battre, et ce son régulier emplit tout l'espace.

Il n'y a que du sable, à perte de vue. Du sable, de la roche, et le battement des ailes du dragon.

samedi 6 novembre 2010

Ambiance hivernale

Le 06/11/2010, voilà qu'une idée me vient en écoutant de la musique : puisqu'il existe des airs d'ambiance, pourquoi pas des textes d'ambiance ? Des textes qui transporteraient leur lecteur dans une humeur particulière... Projet ambitieux, me direz-vous... mais que je tenterai de réaliser au mieux. Voici donc la première ambiance : quel sentiment vous inspire-t-elle ?



Dans l'obscurité compacte d'une nuit sans lune, des bruits secs se font entendre : craquements sinistres, grincements secs, chocs sourds... tout semble mener une vie mystérieuse alentour. Pourtant, nul autre son ne perce les ténèbres glaciales. Mais l'aube blanche approche, et petit à petit, des formes se devinent, des ombres gigantesques, serrées comme les colonnes de quelque temple obscur. Progressivement, la grisaille remplace la nuit, révélant les piliers à l'écorce noire qui s'élancent vers le ciel blanc. Plus le regard monte, et plus les troncs disparaissent sous leur ramure épineuse couverte de neige. Car c'est une forêt, une forêt de sempervirens qui s'étend aussi loin que porte la vue.
Et les craquements, les grincements, les chocs résonnent davantage dans le froid d'albâtre du matin hivernal.
Là-haut, au-delà des sommets pointus des arbres austères, un point noir survole le paysage. Que voit-il, l'aigle majestueux qui plane au-dessus des pins noirs tachés de blanc ? Jusqu'où s'étendent les arbres mornes et figés ? Mais le rapace est indifférent à ce paysage glacial : au loin, la plaine vide et immaculée se rapproche petit à petit. L'oiseau de proie la survole bientôt, et aperçoit ce qu'il cherche.
Il s'abat... Le sang éclabousse la neige.

©eryndel

Automne


Rayons d'or chatoyant
Du chêne agonisant,
Soleil végétal couchant :
Une âme mourante
Est plus éclatante
Qu'une âme vivante...

©eryndel

mardi 22 juin 2010

Valse


Quand l'âme virevolte et les notes s'envolent
Les rêves aux fragiles ailes
Valsent au son des violoncelles
Sur la scène étoilée par les vives lucioles
Où s'emballent, s'affolent nos rêveries folles

Une elfe au pied léger valse entre les lucioles
Gracieuse, rieuse, charmeuse,
Envoûtante et gracile danseuse

Espiègle, légère étincelle
Insaisissable et blanche immortelle
Sur les eaux lumineuses où les rêves s'envolent

Quand l'âme ivre de rêves et les notes s'envolent
Les elfes aux diaphanes ailes
Valsent au son des violoncelles
Sur la scène étoilée par les vives lucioles
Où s'emballent, s'affolent nos rêveries folles

Trois elfes élancées valsent, tournent, s'envolent,
Gracieuses, rieuses, charmeuses,
Envoûtantes et frêles danseuses,

Graciles, fragiles, mutines,
Vives et gracieuses ballerines,
Sur les eaux lumineuses où songent les lucioles

Quand l'âme ivre de rêves et les notes s'envolent
Les elfes aux fragiles ailes
Valsent au son des violoncelles
Sur la scène étoilée par les vives lucioles
Où s'emballent, s'affolent nos rêveries folles

Tant d'elfes et de fées valsent, tournent, s'envolent
Gracieuses, rieuses, charmeuses,
Envoûtantes et frêles danseuses,

Espiègles, graciles étincelles,
Si vives, si blanches immortelles
Sur les eaux lumineuses où vivent les lucioles

Quand l'âme virevolte et les notes s'envolent
Les rêves aux fragiles ailes
Valsent au son des violoncelles
Sur la scène étoilée par les vives lucioles
Où s'emballent, s'affolent nos rêveries folles

©eryndel

vendredi 19 mars 2010

La mort dans l'âme


La mort dans l'âme les hommes s'endorment
La mort dans l'âme le glas sonne et sonne
Les larmes dans le silence résonnent,

Les larmes de la solitude informe...

Larmes qui soulagent
Larmes qui soignent le coeur
Larmes de douleur, de rage
Baume à toute rancoeur

La mort dans l'âme les hommes se meurent
La mort dans l'âme le glas pleure et pleure
Les larmes au coin des paupières affleurent
Les larmes nées de ce monde de leurre...

Larmes qui soulagent
Larmes qui soignent le coeur
Larmes de douleur, de rage
Baume à toute rancoeur

La mort dans l'âme les hommes revivent
La mort dans l'âme le glas agonise
Les larmes sèchent la douleur s'avive
Les larmes que l'artiste poétise...

©eryndel