Venez, entrez dans la danse des rimes ! Poèmes mélancoliques ou joyeux, sombres ou idylliques, il y en a pour tous les goûts. En espérant que vous prendrez plaisir à les découvrir et que certains vous plairont, je vous souhaite une bonne lecture.
Vous pouvez également, si vous le souhaitez, découvrir mes romans et nouvelles sur mon autre blog : La plume d'outre-rêve.

vendredi 3 décembre 2010

Ambiance folklorique


Dans la plaine irlandaise enneigée résonne une joyeuse mélodie qui donne envie de danser malgré le ciel froid et gris. Autour d'un feu, des rires et des cris de joie. Le bord des jupes frôle les flammes en tournant, les souliers mignons frappent en rythme le parquet, dans la maison en fête au bord de la rivière glacée.

Autour du feu, des vivats et des chants. Aux sons chaleureux de la musique entraînante, le claquement sec des talons qui frappent le parquet résonne - tacatac tactac tacatac tactac - et les yeux brillent de joie, éclairant les joues rougies des danseurs essouflés mais souriants, enchantés et ravis.

Le petit peuple se rassemble sur les bords du lac gelé, attiré par les rires, la musique et les danses. Eux aussi se mettent à tournoyer, leur minuscules talons frappant en rythme la neige blanche éclairée par la lueur mouvante du feu dans la maison en fête. Danse endiablée des Kobolds et des Hommes inconscients de leur présence, aveugles aux figures invisibles des fées, sourds aux chants joyeux des ménétriers enchantés. Le bord des jupes frôle les flammes en tournant, les petits pieds des Invisibles effleurent la neige en dansant.

Quand un homme jette un regard par la fenêtre, les minuscules fées ailées lui font signe en voletant autour de la demeure où l'on fête les noces ; mais lui ne voit pas les minuscules bras s'agiter devant lui. Il s'écrie juste, d'une voix rendue insouciante par l'ivresse : "Hé, il neige !"


©eryndel

jeudi 2 décembre 2010

Moustique


Dans la claire onde limpide
L'ondine blanche nageait
Son regard d'azur liquide
Du ciel clair se languissait

L'ondine blanche nageait
Vers le soleil ondoyant
Du ciel clair se languissait
La belle au corset d'argent

Vers le soleil ondoyant
S'élevait la pâle ondine
La belle au corset d'argent
Sur les vagues smaragdines

S'élevait la pâle ondine
Ayant quitté les flots bleus
Sur les vagues smaragdines
Retentit son rire heureux

Ayant quitté les flots bleus
Elle ouvre de frêles ailes
Retentit son rire heureux
L'odeur du sang frais l'appelle.

©eryndel

mercredi 1 décembre 2010

La siamoise

En hommage à mon deuxième chat, Farah.


Dans son masque de velours
Deux yeux de ciel d'été
Me fixent avec amour
En ronronnant d'un son léger.

Majestueuse siamoise,
A la démarche sinueuse,
Que cachent ton regard turquoise,
Et tes vocalises amoureuses ?

Quand je plonge dans ton regard
En caressant ton dos soyeux,
Le temps se tait sans crier gare
Et le monde entier devient bleu.

©eryndel

Vague (Haïku)



Ondoyant fracas des vagues,
Bleu parfum salé ;
Roule la mer écumeuse.

©eryndel

lundi 29 novembre 2010

Neige (Haïku)


Douces, pâles plumes :
Dans le silence ouaté,
La neige tournoie.

©eryndel

dimanche 28 novembre 2010

Nuit neigeuse


La neige blanche illumine la nuit ;
Ses reflets d'azur étouffent les sons,
Sous le plafond laiteux dissimulant la lune
Et son écrin d'ébène englouti à la brune ;
Blanche est la neige et noirs sont les buissons,
Sous le ciel spectral où sonne minuit.

©eryndel

samedi 27 novembre 2010

Ambiance volcanique


Bouillonnements orangés, grommellements, grondements... Le volcan s'éveille de son long sommeil, torturé par le feu de ses entrailles. Alentour, c'est le silence ; tout se tait, sauf les plaintes rageuses de la montagne tronquée qui se répandent en échos graves et sonores. Un spasme secoue la terre. Le volcan souffre... Et les oiseaux, criant à leur tour, jaillissent en nuages de la forêt pour s'éloigner à tire-d'aile, obscurcissant le soleil.

Une nouvelle plainte s'échappe de la bouche de la montagne, et un filet de fumée épaisse en sort ; une fumée grise aux reflets noirs, consistante, chargée de cendres mortelles... Le volcan s'éveille de son long sommeil, torturé par le feu de ses entrailles. Alentour, c'est la pénombre ; tout est recouvert d'ombre, tandis que les cendres dévorent le ciel. Grondements, spasmes... La terre tremble par avance, la nature frémit tout entière. Et les hommes, là-bas dans leur ville côtière, s'inquiètent, suspendent leurs gestes, tendent l'oreille, pointent du doigt le ciel cendreux qui tombe sur eux...

Alors le cratère fissuré laisse échapper la lave noire et orange, mélange de néant et de feux infernaux, en une rivière poisseuse. Tout brûle, tout meurt sur le passage du sang ardent de la terre. Le volcan s'est éveillé de son long sommeil, torturé par le feu de ses entrailles. Lorsque la rivière de lumière sera devenu sentier de pierre, quand les cendres seront déchirées par le bleu du ciel, autour du volcan, la nature ne sera plus que chaos torturé. Et les hommes, là-bas dans leur ville côtière, ne seront plus que statues.

©eryndel

lundi 22 novembre 2010

La Magie du violon



Au son du violon les yeux se closent,
Et l'âme s'envole au loin ;
Du violon verni les notes éclosent,
Apaisant les coeurs chagrins.

Une explosion de couleur
Envahit soudain le coeur,
La musique allume un feu
Aux rayons radieux !

Au son du violon les yeux se closent,
Et l'âme s'envole au loin ;
Du violon verni les notes éclosent,
Apaisant les coeurs chagrins.

L'espace alors se dévoile
Splendeur parsemée d'étoiles ;
La musique y déploie ses ailes
– Féerique, irréelle !

Les sons du violon s'éloignent, se taisent,
Et l'âme revient sur terre ;
Du violon les envolées s'apaisent :
Il a donné sa lumière.

©eryndel

dimanche 21 novembre 2010

Nuit automnale


Nimbé du halo de la brume
Un étang reflète la lune ;
Il pleut des feuilles d'ambre brunes
Tristes et pleines d'amertume

Alors soupire le silence
Un frémissement se répand
Tout autour des saules en transe
Où pleurent les feuilles safran
Marbrées de mort par la saison,
Noyées de rayons et de larmes
A l'agonie des floraisons
La lune de cet abandon s'alarme
Et les transforment en astres d'or.

©eryndel

Ambiance nocture


Le satin noir du ciel vertigineux résonne du chant infini des étoiles ; chant inhumain, divin, torturé, qui sonne comme un appel dans la forêt inextricable des banlieues. Silence... Seul s'entend l'écho de ce chant...

Et tout à coup, la réponse vient, rauque, sonore, brutale : la chevauchée fantastique commence.

Le réseau obscur des rues étroites et sales résonne des hurlements vrombissants des motos ; cri de guerre, hallali des chasseurs de vent en quête de sensation forte ; grondements,grognements, rugissements se mêlent en une symphonie discordante qui évoque le vacarme des chasses d'autrefois.

La chevauchée fantastique traverse les rues endormies.

Sur leurs montures de fer, les cavaliers de la nuit s'enivrent des émanations de pétrole et du vent de la course ; ils chassent les chimères, poursuivent le cerf mythique de la vitesse pure, qui leur apparaît, sabots en feu, naseaux fumants, si proche et si lointain en même temps. A travers leurs corps rendus flous par la vitesse, on croit distinguer les murs délabrés des immeubles du quartier.

Mais soudain, la lune glisse un regard paresseux sur la banlieue ; la chevauchée fantastique s'évanouit dans la brume.

Le labyrinthe négligé de la cité en ruines retourne lentement au silence, et le gémissement du vent remplace les hurlements des moteurs emballés ; plainte solitaire de l'abandon et du retour au néant ; sifflements aigus, sanglots graves des immeubles en ruines où dansent les éléments.

La chevauchée fantastique n'est plus qu'un lointain souvenir.


©eryndel