Venez, entrez dans la danse des rimes ! Poèmes mélancoliques ou joyeux, sombres ou idylliques, il y en a pour tous les goûts. En espérant que vous prendrez plaisir à les découvrir et que certains vous plairont, je vous souhaite une bonne lecture.
Vous pouvez également, si vous le souhaitez, découvrir mes romans et nouvelles sur mon autre blog : La plume d'outre-rêve.

dimanche 21 novembre 2010

Nuit automnale


Nimbé du halo de la brume
Un étang reflète la lune ;
Il pleut des feuilles d'ambre brunes
Tristes et pleines d'amertume

Alors soupire le silence
Un frémissement se répand
Tout autour des saules en transe
Où pleurent les feuilles safran
Marbrées de mort par la saison,
Noyées de rayons et de larmes
A l'agonie des floraisons
La lune de cet abandon s'alarme
Et les transforment en astres d'or.

©eryndel

Ambiance nocture


Le satin noir du ciel vertigineux résonne du chant infini des étoiles ; chant inhumain, divin, torturé, qui sonne comme un appel dans la forêt inextricable des banlieues. Silence... Seul s'entend l'écho de ce chant...

Et tout à coup, la réponse vient, rauque, sonore, brutale : la chevauchée fantastique commence.

Le réseau obscur des rues étroites et sales résonne des hurlements vrombissants des motos ; cri de guerre, hallali des chasseurs de vent en quête de sensation forte ; grondements,grognements, rugissements se mêlent en une symphonie discordante qui évoque le vacarme des chasses d'autrefois.

La chevauchée fantastique traverse les rues endormies.

Sur leurs montures de fer, les cavaliers de la nuit s'enivrent des émanations de pétrole et du vent de la course ; ils chassent les chimères, poursuivent le cerf mythique de la vitesse pure, qui leur apparaît, sabots en feu, naseaux fumants, si proche et si lointain en même temps. A travers leurs corps rendus flous par la vitesse, on croit distinguer les murs délabrés des immeubles du quartier.

Mais soudain, la lune glisse un regard paresseux sur la banlieue ; la chevauchée fantastique s'évanouit dans la brume.

Le labyrinthe négligé de la cité en ruines retourne lentement au silence, et le gémissement du vent remplace les hurlements des moteurs emballés ; plainte solitaire de l'abandon et du retour au néant ; sifflements aigus, sanglots graves des immeubles en ruines où dansent les éléments.

La chevauchée fantastique n'est plus qu'un lointain souvenir.


©eryndel

samedi 20 novembre 2010

Furet


Furetant sans cesse partout
Une lueur folle dans le regard
Rôde le furet, ce remuant voyou
Explorant étagères et placards
Toujours riant et bondissant comme un fou.

©eryndel

mercredi 17 novembre 2010

L'allumette


Une flamme chancelle dans l'obscurité,
Une flamme chancelle
Une main s'en approche pour se réchauffer,
Une main s'en approche

Entre les doigts diaphanes
Frémit cette lueur dorée
Et son éclat se fane
Sous l'œil de l'enfant effrayée

Une flamme chancelle dans l'obscurité,
Une flamme chancelle
Une main s'en approche pour la protéger
Une main s'en approche

La fillette aux allumettes
Nu-pieds dans la neige froide
Marche et marche à l'aveuglette
Et sent tous ses membres roides

Une flamme agonise dans l'obscurité,
Une flamme agonise
Une main s'en approche pour la protéger
Une main s'en approche

Entre les pâles doigts
La lueur d'or se meurt
Sous le souffle si froid
du vent d'hiver sans cœur

Une flamme est morte dans l'obscurité,
Une flamme est morte
La main n'a pas su la protéger
La main s'est figée...

©eryndel

Scène de tendresse


L'enfant lisait un roman,
Assise bien sagement.
Le petit chat passa,
Un ronron dans la voix,
Ronron d'attente, ronron de bonheur.

L'enfant ne le voyait pas,
Elle lisait avec foi.
Le petit chat s'assit,
La fixant de son oeil gris.
Ronron d'attente, ronron de bonheur.

L'enfant ne l'écoutait guère,
Plongée dans l'imaginaire...
Le petit chat s'impatiente,
Miaule de sa voix charmante,
Ronron d'attente, ronron de bonheur.

Alors enfin l'enfant pose son livre,
Ronron d'attente, ronron de joie,
Le chaton tigré de caresses s'enivre,
Ronron d'ivresse, ronron de joie,
Frotte sa tête, blotti dans les bras,
Echange de regards - le bonheur est là.

©eryndel

mardi 16 novembre 2010

Ambiance d'agonie

Inspiration. Expiration.

Un souffle profond, lent, lourd résonne, magnifié par l'écho d'une poitrine fatiguée.

Inspiration. Expiration.

Dans l'obscurité épaisse comme la terre qui pèse sur la poitrine des morts, un son aigu, bref, tombe goutte à goutte dans l'oreille de l'homme : "bip ! bip ! bip bip !"

Inspiration. Expiration.

L'entend-il, ce bruit lancinant qui perce les paupières closes d'éclairs rouges ?

Inspi...ration. Expiration.

Le souffle hésite tout à coup, se suspend, reprend.

Ins...piration. Expiration.

Le souffle laborieux tente de déchirer le linceul étouffant de l'obscurité, par à-coups brusques, nerveux.

Ins...pi...ration.

Et tout à coup, l'étouffant linceul cède, et le souffle jaillit comme un fleuve enragé qui vient rompre un barrage.

Inspiration, expiration, inspiration, expiration.

La sonnerie sèche et rouge accélère, emportée par le courant. "bipbipbipbipbipbip"

Inspiration, expiration, inspiration, expiration, inspiration, expiration, inspiration...

Le souffle est trop rapide, la pluie sonore s'emballe, la poitrine se crispe, se soulève, se bloque... "Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip !"



Expiration.



Silence.

©eryndel

lundi 15 novembre 2010

Balançoire



Balance-toi
Balance-moi
Balançons-nous

Balançoire qui nous emmène
Au ciel rosé de nos amours
Balançoire qui nous emmène
Vers nos rêves au jour le jour

Le sol s'éloigne le sol bascule
Le sol approche le sol recule
Ciel en bas, terre en haut,
Et puis l'envol, telle un oiseau

La blonde enfant déploie ses ailes
Vers les nuages de rosée
La blonde enfant déploie ses ailes
Et sa pensée s'est envolée

Balance-toi
Balance-moi
Balançons-nous

©eryndel

dimanche 14 novembre 2010

Danse


D'enivrants tourbillons de tulle et de soie
Autour de chevilles lacées de satin
Nous envoûtent tous et nous laissent sans voix
Sous le charme gracieux d'un regard mutin
Et des gestes légers de cette fée qui danse.

©eryndel

samedi 13 novembre 2010

Le Fantôme de l'Opéra


Dans l'ombre une voix éclaire
De son aura cristalline
De sa lueur opaline
Les coeurs émus du parterre.

Les rondes notes roulent
Les notes perlées coulent
La voix d'argent s'enroule
Autour des âmes.

Dans l'ombre une fée éclaire
De sa musique opaline
De sa chanson cristalline
Un coeur sombre et sans lumière.

Les rondes notes roulent
Les notes perlées coulent
La voix d'argent s'enroule
Autour des âmes.

Dans l'ombre une âme s'exalte
Pour les claires vocalises
De cette voix tant exquise
Qui fend son coeur de basalte

Les rondes larmes roulent
La soif de sang s'écoule
L'amour passion s'enroule
Autour de l'âme.

Dans l'ombre une âme s'exalte
En son coeur se meurt la bise
La frêle fée l'a conquise
Qui fend son coeur de basalte

Les rondes larmes roulent
La soif de sang s'écoule
L'amour passion s'enroule
Autour de l'âme.

Mais sans espoir il soupire
Ses actes effraient la fée
Dont l'âme à la voix dorée
Pour un autre homme respire

Le cri de désespoir roule
La jalousie noire coule
En son coeur elle s'enroule
Brise son âme.

Pour la vengeance soupire
A mort blessé par la fée
Dont chante la voix dorée
Par laquelle seule il respire

Alors tombe le lustre.

©eryndel

jeudi 11 novembre 2010

Ambiance désertique


Le désert défile vivement sous l'être ailé. Il n'y a que du sable, à perte de vue. Du sable et de la roche... Tout à coup, le sol disparaît, et tandis que le dragon s'engouffre dans le défilé qui blalafre le désert - gouffre infini qui plonge vers le centre de la terre -, le battement sourd des ses ailes formidables résonne. Filent les parois floues et ridées du ravin d'ocre poussiéreux ; filent les rochers hâlés par le soleil : le coeur du désert semble y battre, et ce son régulier emplit tout l'espace.

Il n'y a que du sable, à perte de vue. Du sable, de la roche, et le battement des ailes du dragon.