Venez, entrez dans la danse des rimes ! Poèmes mélancoliques ou joyeux, sombres ou idylliques, il y en a pour tous les goûts. En espérant que vous prendrez plaisir à les découvrir et que certains vous plairont, je vous souhaite une bonne lecture.
Vous pouvez également, si vous le souhaitez, découvrir mes romans et nouvelles sur mon autre blog : La plume d'outre-rêve.

vendredi 15 mai 2009

Orage


L'ombre noire grondant sous le ciel angoissé
Semble se faufiler sous les sombres fourrés
De la mélancolie aux racines rampantes
Qui s'empare de l'âme envahie par l'attente

Loin paraît le bonheur à qui fut exilée
Loin paraissent les nuits sylvestres parfumées
Loin les danses d'antan sous la lune chantante
Souvenirs précieux mais lourds dans la tourmente

Solitude insensée qui pèse à mon exil
La foudre m'eût été plus clémente que toi
Ô ma seule compagne au regard vide et froid

Apaise ma douleur et brise-moi le coeur
Je ne veux plus sentir tristesse ni bonheur
Solitude insensée qui pèse à mon exil

©eryndel

lundi 11 mai 2009

Ballade de la brume



Onques ne vis plus belle nuit
Qu'icelle dont les yeux d'étoiles
Se mirent dans le miroir gris
De la brume au mystique voile.
Le peintre en vain veut en sa toile
Capturer sa spectrale opale ;
La lune timide s'en voile
Quand de la nuit s'en vient le bal.

Onques ne vis rêves en vie
Qu'iceux murmurant dans les chênes
Par une nuit au voile gris
Voilant du ciel le noir ébène.
Ménestrels en vain se démènent
Pour chanter la danse d'opale
De Dame brume au port de reine
Quand de la nuit s'en vient le bal.

Onques ne vis plus de magie
Qu'en cette nuit de douce brume
Au voile irisé de féerie
Sous l'oeil de la lune d'écume.
Les elfes en vain se consument
Pour l'immortelle à l'oeil d'opale
Au pas léger couleur de plume
Quand de la nuit s'en vient le bal...

ENVOI
Princes, ne vous languissez d'elle
Quand le jour en chasse l'opale...
Vous reverrez ses pâles ailes
Quand de la nuit viendra le bal.

©eryndel

dimanche 10 mai 2009

Rondeau des Dryades


Un rayon d'or dansant illumine les bois,
Etincelle soudaine de grâce et de joie
Révélant par moment dans le feuillage d'ombre
Des visages sans âge aux regards d'ambre froid,
Des visages d'argent, fantômes d'autrefois.

Elles sont là pourtant, les âmes de ces bois ;
Les Dryades d'antan qui nous laissent sans voix
Songent au clair de lune sur l'écorce sombre,
Un rayon d'or dansant

La nuit déploie son voile fleuri sur le bois ;
Les dryades s'éveillent une dernière fois
Pour danser dans la brume argentée sous les ombres,
Fugitives et frêles visions au yeux froids
Dont la ronde paraît au voyageur sans voix
Un rayon d'or dansant.

©eryndel

vendredi 8 mai 2009

Nostalgie



Dans le gouffre brumeux de l'insondable nuit
L'oeil voilé de la lune opaline luisait,
Regard triste pleurant les fées du temps passé
Dont la danse et les chants s'étaient évanouis

L'oeil voilé de la lune opaline luisait,
Chant céleste muet dans la songeuse nuit,
Regard triste pleurant les fées du temps passé
Fanées par le souffle de l'immortel oubli

Chant céleste muet dans la songeuse nuit,
La brume célébrait les fées au pied léger
Fanées par le souffle de l'immortel oubli
Par une nuit cruelle et sans aménité

La brume célébrait les fées au pied léger,
Dans le gouffre brumeux de l'insondable nuit,
Fanées par le souffle de l'immortel oubli.
L'oeil voilé de la lune opaline luisait...

©eryndel

lundi 6 avril 2009

Rêve au soleil

Ecrit le 6 avril 2009 et inspiré par le soleil jouant sur les motifs de mon tapis, où mon chat était étendu de tout son long, ravi.

Les rayons du soleil jouant sur les tapis
Fascinent le félin attentif et songeur.
Il semble contempler, dans les feux d'or en fleurs
Une scène invisible, un ballet de Faërie,

Des elfes se mouvant en un bal enchanteur
Dissipant en dansant l'ombre de l'hiver gris.
Dans le printemps naissant la nature sourit,
Et son oeil d'or éclaire tout de son bonheur.

Et je contemple aussi sa fraîche renaissance,
Et je recherche en vain dans les arbres fleuris
La frêle silhouette de dryade aux yeux gris
D'un félin qui l'hiver venait pour sa pitance.

©eryndel

mardi 17 mars 2009

Le stylo plume

J'ai écrit ce texte en hommage à Francis Ponge, auteur du Parti pris des choses, que j'ai découvert avec plaisir il y a quelques années, en licence de lettres modernes. J'ai tenté de retrouver sa façon d'écrire et de décrire des objets communs en les sublimant par les mots, et n'y suis pas parvenue... Malgré tout, je ne suis pas mécontente de l'avoir écrit.





Dans son nid de bois doublé de satin, le stylo plume attend d'être pris en main pour prendre son envol au-dessus du papier.

Le bec doré de ce cygne des stylos dirige le ballet des mots avec une grâce telle que la scène où il danse en conserve à jamais un souvenir marquant.

Il est l'ami des poètes, celui qui dessine leurs rêves enluminés en lettres noires, celui qui fixe dans l'encre les visions fugitives d'un monde sublimé par la Muse.

Sans lui, ces songes, ces mondes auxquels seule l'imagination peut accéder seraient perdus, car chacun ne se montre qu'une fois sans le secours des mots, et s'enfuit, farouche, dès que le stylo plume a achevé son portrait.

©eryndel

mercredi 4 mars 2009

La danse des fées


La danse fascinante charme le spectateur
Portée par l'envoûtante grâce des danseurs

La danse fascinante emporte les rêveurs
Dans un monde d'accords agréables au coeur

Envolez-vous, dansez,
Faites vibrer les âmes et enchantez les hommes,
Danseuses et danseurs venus de Faërie
Faites vibrer les hommes et enchantez les âmes
Envolez-vous, dansez...

La danse fascinante est un rêve charmeur
Porté par l'envoûtante grâce des danseurs

La danse fascinante est un charme enchanteur
Chargé de doux accords agréables au coeur.


©eryndel

samedi 14 février 2009

Nuit de brume


Les ombres de la lune roulent dans les brumes,
Pâles fées dans la nuit des forêts envoûtées
Par la lente magie des heures étoilées
Que les elfes de lune rêvent dans les brumes.

Les rayons des étoiles dansent dans la brume,
Et sous le chant léger de la source voilée
Les feuillages embaument la nuit parfumée
Par les pétales blancs des étoiles de brumes.

La reine de la nuit, le sourire rêveur
Et les yeux embrumés par un songe d'été,
Sous son voile impalpable au reflet argenté

Veille sur deux mortels à l'oeil émerveillé
Qui échangent leur coeur dans un tendre baiser
Dans les bois envoûtés, sous le chêne songeur.

©eryndel

samedi 7 février 2009

Les Sans-repos


Comme elle avait sommeil... Autour d'elle, le monde s'assombrissait de plus en plus, et pourtant, elle ne pourrait pas se reposer. Pas encore. Peut-être jamais. Elle aurait voulu que l'on vienne pour elle, elle désirait ardemment fermer les paupières et ne plus rien entendre, ne plus rien rien sentir, ne plus rien voir jamais... Mais c'était impossible, las ! pour la dernière de sa lignée...
Elle posa une main blanche et fine sur l'appui de la fenêtre, et soupira. La chaleur de ce soir d'été ne pouvait la réchauffer, pas plus que l'épaisse robe de laine qu'elle portait. Sa peau marmoréenne faisait paraître gris son blanc vêtement.
Comme elle avait sommeil... Il faisait nuit maintenant. Mais le repos lui était refusé.
Dans le visage de porcelaine où les yeux seuls semblaient animés par la vie, sa bouche s'ouvrit, dévoilant des canines acérées, et un chant s'échappa de son coeur sans espoir :

"Nous sommes les sans-repos,
Les éternels damnés.
Nous est fermé le tombeau,
A nous les condamnés.
Nous sommes les sans repos.
Immortels assoiffés,
Nous aspirons au tombeau,
Nous les désespérés.
Nous sommes les sans-repos
- Soleil, délivre-nous !
Mène-nous au tombeau,
Soleil, libère-nous..."

Sa décision était prise. Demain, elle contemplerait, pour la première et dernière fois, l'aube superbe et généreuse... et le vent disperserait ses cendres, tandis que son âme, libérée, s'envolerait enfin.


©eryndel

Larmes parfumées




Une goutte... Une autre... Puis encore une autre... Il pleut.

Larmes d'or parfumées par le soleil naissant,
L'onde claire illumine leurs reflets chantants
Dans un rêve brillant d'arcs-en-ciel scintillants
Sous le ciel lumineux enluminé d'argent.

Et la terre assoiffée qui l'attendit longtemps
Se délecte et s'enivre en buvant longuement
La pluie qui la réveille, la pluie qui lentement
L'envoûte de lueurs, délectable aliment...

Les elfes étonnés de ses chants cristallins
Recueillent avec soin ces perles du matin
Plus belles, miroitantes que l'astre opalin
Pour en tisser enfin des rêves sibyllins .

©eryndel